Qu’est-ce qui fait l’image des chasseurs!?
(Éditorial d'Octobre 2006)
Comme on le sait, il est difficile d’abattre les préjugés, ils sont souvent engendrés par l’ignorance. Notre époque n’en est pas plus exempte qu’une autre. On maugrée souvent contre les policiers, les « boss », les politiciens, les profs, etc., sans savoir vraiment qui ils sont et ce qu’ils font. Comme le disait Albert Einstein : « Il est plus facile de fissurer un atome que d’enlever un préjugé dans la tête des gens ».
Par exemple on s’est longtemps figuré aussi qu’un chasseur ¨avait l’air d’un gros ( et épais) en culottes carottées rouges et noire, sentant la pisse de jument, la barbe pas faite, l’haleine fétide, les cheveux graisseux surmontés d’une calotte réversible orange fluo et vert kaki se promenant à moitié chaud en « pick-up » deux tons (noir et rouille) par les routes de gravelle dans le fond des rangs avec une grosse bière entre les deux jambes et la carabine chargée à bloc sur le siège d’à côté, prêt à baver n’importe qui¨. Mais cette image reflète-t-elle bien la réalité?
On peut en douter, même si certains traits collent à la peau du chasseur comme le naturel revient au galop. Mais qu’est-ce qu’un chasseur aujourd’hui? Son image a-t-elle changée? Qu’est-ce qui motive encore tant de gens, qui sont aujourd’hui non seulement des hommes, mais des femmes et des enfants, passionnés de ce loisir?
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Disons d’abord que leur accoutrement a bien changé; la plupart sont plus mode et logent souvent dans plus de commodités qu’autrefois, et leur 4 X 4 n’a plus le 2 tons d’auparavant. Leur équipement est également plus sophistiqué, requiert plus de connaissances. Ils sont bien sûr pour plusieurs, encore amateurs de bonnes chairs et de bière mais ils sont plus nombreux à apprécier davantage les bons vins, les entrées d’huîtres ou de saumon fumé et les carpaccio (à l’orignal évidemment). Ils aiment la belle compagnie, la bonne musique et les bons soupers. Même si leurs propos tournent souvent autour de la nature qu’ils fréquentent, ils sont joyeux, paisibles et d’agréable compagnie. Et si vous leur parlez de leur chasse (ou de leur pêche) vous leur voyez tout de suite les yeux brillants comme s’ils se trouvaient dans un rêve. Vous voyez leurs yeux et vous imaginez ce qu’ils voient, si vous saviez, vous seriez envieux de ce bain de beauté.
Pour bien des gens, il est peu fréquent de se lever avant le soleil, d’aller chercher l’eau fraîche à la source pour le café en contemplant la voûte céleste constellée d’étoiles; la pollution lumineuse des villes nous cache généralement ce spectacle grandiose. Après un bon déjeuner, quelques minutes de marche silencieuse dans un sentier à humer l’odeur humide de la forêt en automne; parfum incomparable enregistré à jamais dans les narines du chasseur, jamais rien de tel dans les quartiers asphaltés. Le cœur nous fait deux tours aux vrombissements d’une grosse perdrix qui décolle à quelques pas de nous. Maintenant assis sur une vieille souche au bord de l’étang à l’eau noire, on voit tranquillement se colorer de rose le tapis moelleux de nuages encerclant la montagne, pendant que non loin passe silencieusement le grand héron et que la lune s’efface aux derniers chants du hibou. |