Chasse à l’arc à l’orignal, un art !
(Article d'Octobre 2006)

Enfin arrivé ! L’automne est engendré, les feuilles des arbres deviennent de toutes les couleurs, les nuits froides s’additionnent de plus en plus et l’odeur de la forêt se parfume pour accueillir les chasseurs qui ont le cœur rempli d’espoir.  Les préparations vont bon train, un petit dernier parcours de cibles animalières trois dimensions pour se mettre encore plus dans le bain de la chasse à l’orignal à l’arc, et voilà, l’expédition peut commencer, Quelle magie !  Une année entière de rêves et de préparations pour une semaine d’émotions fortes.  La chasse à l’arc à l’orignal est selon beaucoup de chasseurs qui la pratiquent, le summum de la chasse sportive au Québec. 
Puisque la chasse à l’arc requiert beaucoup d’expérience pour qu’elle soit couronnée de succès, voici quelques trucs qui peuvent vraiment faire la différence lors de votre prochaine chasse à l’arc à l’orignal puisque bien souvent ce n’est qu’une question de centimètres qui sépare la réussite de l’échec.

La somme des petites choses

La chasse à l’arc est plus complexe que les autres chasses puisqu’il faut se rendre plus près de notre gibier pour être en mesure d’exécuter un tir parfait.  Comme nous l’avons vu dans un article des numéros précédents, la pratique est un élément non négligeable et elle se vérifie encore plus à la chasse à l’arc.  Pour mettre à mort le gibier convoité, il est impératif d’effectuer un tir de précision dans les organes vitaux qui sont, on le sait, cœur, foie et poumons. 

 

 


 


Bien sûr bon nombre d’histoires de chasse sont quand même couronnées de succès malgré l’imprécision du tir de l’archer. Mais si on fait le calcul entre les deux, il y a une différence extrême entre les situations. Combien d’histoires de chasse se finissent trop souvent par «  J’aurais dû attendre, j’aurais dû ne pas tirer. » «  J’aurais dû ben dû don dû …. »  Bien sûr l’erreur est humaine, mais à la chasse à l’arc et surtout à l’arc, nous n’avons pas droit à l’erreur. 

 

 

Pour ce faire, pour minimiser la possibilité d’erreur, il faut avant tout savoir tirer et surtout être capable d’attendre le moment opportun.  Pour ce qui est de savoir tirer, beaucoup trop de chasseurs ne se pratiquent pas assez et pas de la bonne manière.  Rappelez-vous de l’article concernant la pratique du mois de septembre; l’important ce n’est pas de tirer dans une cible bleue, jaune et rouge en arrière de la maison, puisque arrivé en forêt, tout peut changer.  L’important  c’est de pratiquer le tir dans différents scénarios en forêt et c’est ce qu’offrent les parcours de cibles animalières.  Plus on pratique différents scénarios, plus on augmente nos chances de savoir tirer et du même coup on augmente nos chances de récolter notre animal l’automne venu. 


C’est bien de savoir tirer, mais il faut autant savoir quand ne pas tirer.  Il ne faut jamais oublier que malgré l’apparence meurtrière des flèches, une seule petite brindille peut parfois changer totalement le dénouement de votre histoire de chasse.  Même si parfois notre patience est mise à rude épreuve et qu’on est frustré de ne pouvoir décocher une flèche, il vaut mieux garder à l’esprit que cette frustration est bien moindre que celle causée par les nombreuses heures de recherches infructueuses d’un gibier blessé qui ne se soldent que par l’abandon et les sentiments d’échec qui en découlent.


La chasse à l’arc est un sport très complexe dont beaucoup d’aspects sont ignorés des autres types de chasse.  Il faut être exercé à la patience, qui dans bien des circonstances, est réellement une vertu.  Puisque dans bien des cas il faut laisser passer l’animal qui n’est pas dans une position de tir parfaite.  De plus, lorsqu’on effectue un tir parfait et que l’animal est touché mortellement, contrairement à la chasse à la carabine, la chasse ne s’arrête pas là. 

 



 


Bien au contraire, un autre aspect de cette chasse commence.  Même si l’animal est atteint d’une flèche mortelle, il va souvent aller mourir quelques centaines de pieds plus loin.  C’est classique, l’art de pister entre donc en ligne de compte.  Une fois de plus il faut savoir attendre.  On doit laisser le temps à l’animal de mourir, sans le déranger.  Même si la bête est touchée mortellement, si elle est stressée par notre présence, après l’avoir tirée, il se peut qu’on la pousse beaucoup plus loin et qu’on ne la retrouve jamais.  Il est donc conseillé d’attendre une bonne heure avant de commencer nos recherches. 


Lorsqu’on effectue celles-ci, il faut bien prendre le temps de regarder partout et de ne pas se précipiter.  Il faut être attentif aux moindres petits indices laissés par l’animal, puisque dans plusieurs situations, ce n’est parfois qu’une minuscule goutte de sang de la grosseur d’une tête d’aiguille qui tranchera possiblement entre la perte ou la découverte.  N’hésitez donc pas à prendre votre temps, ça fait partie de toute la dynamique de la chasse à l’arc qui est un art de la bonne décision à chaque instant.

Dans le même ordre d’idée, l’approche à la chasse à l’arc de l’orignal, est un véritable défi. Il faut savoir bien imiter l’orignal pour s’en approcher.  L’utilisation de plusieurs techniques différentes peut s’avérer important.  Une combinaison gagnante qui a fait ses preuves au fil des années est celle qui imite les actes de la femelle en chaleur ou d’un mâle à la recherche d’une conquête.  L’important dans ces techniques, c’est  de jouer notre personnage animalier à fond et de combiner plusieurs agissements des orignaux.



Ma chasse à l’arc 2006.

Pour ma part, cette année j’ai eu une magnifique surprise après avoir tenté une technique légendaire.  J’ai tenté d’imiter les cris de la femelle en chaleur pendant deux heures sans trop de succès.  Puis, pour me dégourdir un peu, j’ai décidé de descendre de ma cache et d’effectuer quelques appels en brisant des branches et en marchant dans l’eau.  J’ai effectué ce petit rituel pendant quelques minutes et j’ai décidé de remonter dans ma cache.  Après à peine quelques pas, à ma grande surprise, une réponse d’orignal qui arrivait à la course dans ma direction.  Aussitôt retourné, j’ai étiré mon arc puisque l’orignal était déjà seulement à 20 pieds de moi.  J’ai attendu quelques secondes qu’il se positionne à la perfection et j’ai décoché ma flèche qui fut mortelle.  Après le tir, j’ai refait plusieurs appels de femelle et j’ai entendu mon orignal s’éloigner pour ensuite l’entendre changer de direction et se rapprocher de moi.  Après plusieurs craquements, les bruits se sont arrêtés et j’ai décidé d’aller chercher mes compagnons de chasse pour commencer la recherche. Nous avons attendu une bonne heure avant de commencer les recherches. On a suivi la piste de sang laissée par l’orignal qui nous a conduit à cette magnifique bête qui était allée mourir à environ 100 pieds à peine de l’endroit du tir; comme quoi les appels après le tir peuvent vous éviter bien des tracas de recherche de votre gros gibier.

En conclusion, la chasse à l’arc à l’orignal est un art qui pousse à maîtriser beaucoup de connaissances pour arriver à nos fins.  Il faut une panoplie de petites choses à leur apogée pour qu’on puisse accéder à la récolte de l’animal sacré.  La chasse à l’arc nécessite une philosophie de chasse qui comporte plusieurs étapes qui ne doivent pas être devancées.  Le mot d’ordre qui résume cette discipline est la patience.  Beaucoup de facteurs peuvent influer sur notre réussite, il faut donc, rappelons-le, prendre le temps de bien se pratiquer pour avoir l’esprit éclairé lorsque le temps sera venu de prendre la décision de décocher une flèche ou de laisser passer l’animal.  Trop souvent des chasseurs précipitent leurs gestes et n’attendent pas le moment opportun, ce qui a comme conséquence de blesser l’animal et d’offrir l’exquise chaire d’orignal aux coyotes mal léchés. 

Gardez toujours à l’esprit que «  c’est par la répétition des actes que s’acquiert la vertu. »

Bonne Chasse !

 

 

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