Bien au contraire, un autre aspect de cette chasse commence. Même si l’animal est atteint d’une flèche mortelle, il va souvent aller mourir quelques centaines de pieds plus loin. C’est classique, l’art de pister entre donc en ligne de compte. Une fois de plus il faut savoir attendre. On doit laisser le temps à l’animal de mourir, sans le déranger. Même si la bête est touchée mortellement, si elle est stressée par notre présence, après l’avoir tirée, il se peut qu’on la pousse beaucoup plus loin et qu’on ne la retrouve jamais. Il est donc conseillé d’attendre une bonne heure avant de commencer nos recherches.

Lorsqu’on effectue celles-ci, il faut bien prendre le temps de regarder partout et de ne pas se précipiter. Il faut être attentif aux moindres petits indices laissés par l’animal, puisque dans plusieurs situations, ce n’est parfois qu’une minuscule goutte de sang de la grosseur d’une tête d’aiguille qui tranchera possiblement entre la perte ou la découverte. N’hésitez donc pas à prendre votre temps, ça fait partie de toute la dynamique de la chasse à l’arc qui est un art de la bonne décision à chaque instant.
Dans le même ordre d’idée, l’approche à la chasse à l’arc de l’orignal, est un véritable défi. Il faut savoir bien imiter l’orignal pour s’en approcher. L’utilisation de plusieurs techniques différentes peut s’avérer important. Une combinaison gagnante qui a fait ses preuves au fil des années est celle qui imite les actes de la femelle en chaleur ou d’un mâle à la recherche d’une conquête. L’important dans ces techniques, c’est de jouer notre personnage animalier à fond et de combiner plusieurs agissements des orignaux.
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Ma chasse à l’arc 2006.
Pour ma part, cette année j’ai eu une magnifique surprise après avoir tenté une technique légendaire. J’ai tenté d’imiter les cris de la femelle en chaleur pendant deux heures sans trop de succès. Puis, pour me dégourdir un peu, j’ai décidé de descendre de ma cache et d’effectuer quelques appels en brisant des branches et en marchant dans l’eau. J’ai effectué ce petit rituel pendant quelques minutes et j’ai décidé de remonter dans ma cache. Après à peine quelques pas, à ma grande surprise, une réponse d’orignal qui arrivait à la course dans ma direction. Aussitôt retourné, j’ai étiré mon arc puisque l’orignal était déjà seulement à 20 pieds de moi. J’ai attendu quelques secondes qu’il se positionne à la perfection et j’ai décoché ma flèche qui fut mortelle. Après le tir, j’ai refait plusieurs appels de femelle et j’ai entendu mon orignal s’éloigner pour ensuite l’entendre changer de direction et se rapprocher de moi. Après plusieurs craquements, les bruits se sont arrêtés et j’ai décidé d’aller chercher mes compagnons de chasse pour commencer la recherche. Nous avons attendu une bonne heure avant de commencer les recherches. On a suivi la piste de sang laissée par l’orignal qui nous a conduit à cette magnifique bête qui était allée mourir à environ 100 pieds à peine de l’endroit du tir; comme quoi les appels après le tir peuvent vous éviter bien des tracas de recherche de votre gros gibier.
En conclusion, la chasse à l’arc à l’orignal est un art qui pousse à maîtriser beaucoup de connaissances pour arriver à nos fins. Il faut une panoplie de petites choses à leur apogée pour qu’on puisse accéder à la récolte de l’animal sacré. La chasse à l’arc nécessite une philosophie de chasse qui comporte plusieurs étapes qui ne doivent pas être devancées. Le mot d’ordre qui résume cette discipline est la patience. Beaucoup de facteurs peuvent influer sur notre réussite, il faut donc, rappelons-le, prendre le temps de bien se pratiquer pour avoir l’esprit éclairé lorsque le temps sera venu de prendre la décision de décocher une flèche ou de laisser passer l’animal. Trop souvent des chasseurs précipitent leurs gestes et n’attendent pas le moment opportun, ce qui a comme conséquence de blesser l’animal et d’offrir l’exquise chaire d’orignal aux coyotes mal léchés.
Gardez toujours à l’esprit que « c’est par la répétition des actes que s’acquiert la vertu. »
Bonne Chasse ! |