King Fisher !
King Fisher !


 

Avant de commencer, je voudrais dédier ce texte à tous les J.-P. qui, trop ensevelis sous leur emploi du temps, ont manqué cette aventure qui fut une des plus mémorables.

De la planification et de la préparation, en voulez-vous, en v’là ! Pas besoin de vous dire que l’équipe 3D est toujours et de plus en plus « over loader ». L’été dernier, qui fut en fait le plus trépidant et le plus rempli depuis notre origine, nous avons quand même réussi à enligner nos flûtes afin de remplir notre calendrier au maximum. Après de nombreux coups de téléphone, nous avons finalement conclu une entente avec un des meilleurs guides du lac Ontario. Il se nomme Gaétan Ares, alias King Fisher. Après tant d’attente avant de confirmer le OK de la part des deux parties, cela ne nous a pas pris plus de temps qu’il n’en faut pour dire lapin avant de « paqueter » et de partir en direction de l’Ontario, plus précisément à Port Hope où nous attendait avec impatience Gaétan. Nous partons de Québec, comme dans bien des expéditions, en passant par Blainville afin d’y cueillir notre ami et photographe par excellence : Claude Rigaud alias le pêcheur fou. Une petite escale histoire de se faire un snack avant de reprendre la route pour un plus long trajet. Quelques bons épis de maïs de la récolte estivale, quelques bagages de plus, un dernier plein de diesel et nous voilà repartis direction Oka pour prendre le traversier. Un autre arrêt, pourquoi ne pas combler notre gourmandise une fois de plus ? Quelques hot-dogs et une p’tite frite au casse-croûte du coin. On fait la file et on se rend vite compte qu’on a affaire à un traversier bien spécial. Ceux qui sont autant amateurs du film Waterworld que nous se rappelleront peut-être quelque embarcation des Smokers. À peine le temps d’engloutir notre snack que c’est à notre tour de monter sur la passerelle. Quelques clichés sur l’eau, on ferme les portes de l’auto et on redémarre.

   

 

 

 

Personnellement et probablement malheureusement, je suis plutôt dormeur lorsque je ne suis pas désigné comme chauffeur, j’ai donc manqué une bonne partie du paysage de l’Ontario. Pendant mon sommeil, j’ai quand même eu des échos des discussions de la route. Des histoires de femmes, de pêche et même un topo de Paris sous toutes ses coutures d’après les aventures de mister Rigaud. (Clin d’œil, clin d’œil !)

Le ou les prochains arrêts étaient prévus pour Brockville ou pour Kingston dans le but de faire l’acquisition de nos permis de pêche pour le lac Ontario, qui est strictement réglementé vu le nombre impressionnant de pêcheurs qui y accèdent annuellement. Quelques minutes pour régler en bonne et due forme cette paperasse indispensable et nous retournons sur l’autoroute qui, soit dit en passant, est beaucoup mieux entretenue que celles de la belle province. Les kilomètres s’écoulent et notre destination se rapproche de plus en plus rapidement de nous. Je me réveille tout juste et les gars m’annoncent que la sortie pour Port Hope se situe à 3 km, je décide donc de ne pas refermer les yeux. Nous suivons les indications et entrons dans cette belle petite ville qui semble fourmiller d’activité.




 

 

 

 

 


 

 

 

 




 

Dernière ligne sur la feuille d’indications : la direction de la marina. Un stationnement de libre, parfait pour nous, on débarque ici. Mais où est donc notre guide ? Un dernier coup de téléphone afin de l’apercevoir de loin qui nous parle lui aussi avec son téléphone à la main. Le contact visuel fait, nous marchons dans sa direction afin de faire les salutations usuelles. Une poignée de mains qui en dit long sur notre attente envers les deux jours de pêche à venir. La météo est clémente pour notre visite et la pêche est bonne en ce temps-ci, nous explique Gaétan. Que demander de mieux ? De bonnes images évidement ! On planifie l’heure du lever pour le lendemain et notre guide nous indique la direction de notre motel qui se situe dans la ville voisine.

On prend les clefs et une bonne portion de glace afin de concocter la bonne vieille recette de rhum punch que Claude nous a si bien enseignée : une dose de rhum Appleton, une dose de jus d’orange, une dose de jus de canneberge et des glaçons. Un vrai régal. Une nuit plutôt courte vu l’excitation face au lendemain, un réveil avant le temps comme trop souvent, nous prenons nos cliques et nos claques pour chevaucher avant l’aube.


 

 

 




 

Rendez-vous au Railside restaurant pour le petit déjeuner en compagnie de notre guide. Comme par malchance, on se frotte à une ouverture tardive qui freine momentanément notre ardeur. Un déjeuner qui nous rappelle une toune de Pastoral Théories, pour ceux qui connaissent, et enfin nous nous en allons à la pêche !

Enfin !

Nous remplissons le fameux bateau King Fisher II et prenons le lac d’assaut histoire de croiser le fer avec les steelheads format géant et peut-être même avec M. Chinook s’il se laisse tenter. Gaétan nous explique qu’avec un quota de cinq poissons chacun, on risque fort d’avoir de l’action vu les conditions clémentes qui nous charment moins souvent qu’à notre tour. Bien que le couvert soit nuageux, il n’en demeure pas moins que nous bénéficions de vent faible, ce qui facilite extrêmement les conditions de pêche sur les grands lacs.

       

 

 

 




 

Dès que nous quittons la sympathique marina de Port Hope, nous ne pouvons que nous exclamer face à la clarté si limpide de cette eau tant dénigrée par monsieur et madame tout le monde. Gaétan nous explique que c’est à cause de l’abondance des moules zébrées qui filtrent l’eau que celle-ci est aussi translucide. Pour ce qui est de la pollution, notre guide nous a dit que ce lac n’est pas plus souillé qu’un autre, et qu’il est même de mieux en mieux depuis les diverses campagnes de dépollution au fil des ans. Pour ce qui est de l’abondance de poissons, la réputation de ce lac n’est plus à faire, car à chaque année on y pratique l’ensemencement de quelques millions tant en argent qu’en spécimens.

Comment est-ce possible ? C’est ce que nous n’avons pas encore compris ici au Québec. Sommes-nous trop couillons pour comprendre que l’union fait la force ? En ce qui a trait au lac Ontario, les deux côtés riverains, soit les États-Unis et l’Ontario, mettent la main à la pâte pour créer une richesse dont tout le monde peut bénéficier. Alors, qu’en est-il des grands plans d’eau du Québec ?

Pourquoi personne n’en prend soin ? De toute façon, ils sont probablement à vendre à l’heure qu’il est. VIVE LA FIERTÉ !

       

 

 

 




 

Laissons la rage de côté pour l’instant et revenons à cette fabuleuse aventure de pêche. Rendus à environ 8 miles des côtes, nous installons l’attirail qui nous permettra de capturer, nous l’espérons, quelque spécimens. Deux lignes par personnes selon la réglementation, nous n’en installons que quatre car notre expert connaît le tabac et il sait comment leurrer ces poissons. Deux cannes sur les downriggers, incluant deux tricheuses, et deux munies de deepsea divers, placées dans les porte-cannes sur le côté du bateau. Il ne nous reste plus qu’à scruter attentivement les mouvements des cannes arquées vers les profondeurs. Un petit tir à pile ou face pour désigner l’ordre des pêcheurs qui récupèreront, et nous préparons caméras et appareils photo. Laissez-moi vous dire que l’attente de la première prise ne fut pas un fardeau vu sa longueur.

       

 

 









 


 

 


   

 

     

 


   

 

     

 

 

 

FISH ON ! David s’élance le premier dans ce qui se définit comme étant un féroce combat. On ne peut dire le contraire en voyant l’action de sa canne qui ne ment pas. Gaétan puise la première prise et nous explique pourquoi il la remet immédiatement à l’eau : elle n’est pas de taille considérable. Les yeux grands ouverts, nous sommes tous surexcités face à la possibilité de combattre avec une prise beaucoup plus vigoureuse. On replace le set up et l’attente se poursuit. BANG, FISH ON AGAIN ! C’est à mon tour de croiser le fer avec l’un de ces poissons acrobatiques. Bien que l’on pêche entre 40 et 80 pieds de creux, les steelheads ont déjà effectué un bond hors de l’eau en moins de 5 secondes, un phénomène tout à fait spectaculaire. Je ramène ma première prise croyant que c’est un saumon et en étant très fier, jusqu’à ce que Gaétan me dise qu’il s’agit en fait d’un beau spécimen de steelhead. Mes compatriotes me félicitent et le manège se poursuit dans un pur délice sportif. Les prises se font si fréquentes que nous instaurons la règle des 8 secondes.




 

 

 

ABONNEMENT

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