Toute une pêche !!!

 

 



Quelle surprise! Un membre de l’équipe 3D-Chasse-Peche (en l’occurrence David) ne pourra malheureusement être de la partie lors de la sortie du groupe à la Pourvoirie du Cyprès, pour une pêche à la truite mouchetée et une pêche au saumon sur la Rivière Godbout. Comme on dit, à toute chose malheur est bon. Voilà qu’on m’offre l’occasion de participer à cette escapade! Après avoir piqué un regard à ma femme, je ne me suis pas fait prier pour donner ma réponse : "C’est sûr que c’est oui!"
Mais mon étonnement pour une si belle invitation m’a fait reposer la question.

Je n’en croyais pas mes oreilles! Je voulais même céder la place à ma femme qui de son aveu, rêvait d’une pêche au saumon depuis longtemps. Et voilà que l’occasion se présentait, là, devant moi, un beau voyage du 7 au 10 juillet, sur la Côte Nord. Que demander de mieux! Il ne restait qu’à se préparer et à rêver en attendant cette magnifique expédition.

 

 


C’est curieux comment les choses se présentent dans la vie. J’avais comme banni cette possibilité de mes aspirations. C’était pour moi comme inaccessible au point même que j’avais cessé de penser à ça. Avec une famille de 9 enfants, la vie nous pousse nécessairement à faire des sacrifices, même si de donner la vie est un choix. Mais il faut dire aussi que malgré les efforts parfois pénibles, les joies que procure la vie familiale dépassent largement en amplitude les moments difficiles. Jamais je ne m’étais dit qu’en faisant des enfants, j’irais un jour à la pêche au saumon avec eux ou l’un d’eux. Mais voilà, la vie est pleine de surprises. Et à nouveau elle me confirmait que non seulement elle vaut la peine d’être vécue, mais elle vaut la peine d’être donnée. Une sortie en pareille compagnie, multipliait la joie comme en belle amitié.

Mais dans les voyages, il y a plus que la pêche. Il y a également la beauté des paysages. Ça faisait un bout que je n’avais pas revu la fraîcheur de Charlevoix, avec la verdure de sa forêt et de ses beaux grands champs en bordure du St-Laurent. Magnifique ! Ça donne le goût de venir habiter pareil coin de pays. On se dit que les gens qui y habitent doivent être heureux d’y respirer l’air. On dirait un coin de pays où la vie ne peut qu’être belle. Des petits villages, des maisons colorées entourées de belles fleurs nous rappelant qu’on a ce devoir de s’entourer de beautés.

Chemin faisant nous avons bien rigolé, entre autres avec notre copain Érick Jean du moucheur.ca ; nous avons eu le temps de discuter et de se connaître davantage. Une route sinueuse, un bateau à Tadoussac, 3 belles baleines, quelques canards et nous voilà, pile comme prévu, à l’accueil de la Pourvoirie, à midi près du petit village de Godbout. Petit vous dites ? À 294 personnes là-bas, on doit savoir pour qui vous avez voté aux dernières. N’empêche que les gens qu’on y a rencontrés nous ont été très accueillants.

Après les salutations d’usage, M Charles Pinard nous guidait en voiture vers un premier séjour au Lac Cyprès. Nous avons toutefois fait un arrêt pour admirer La Godbout du haut d’un belvédère à environ 1000 pieds de hauteur au-dessus de la chute. Y a pas à dire, dès cet instant nous nous sommes mis à saliver à l’idée de la pêche qui nous attendait. Il nous fallait malheureusement continuer notre route. Ça c’était pour le dessert.


 

 

 



Je ne raconterai pas ici notre séjour à la truite, car Mathieu l’a très bien fait dans son reportage. Mais vous décrire les images que nous avons goûtées tient de l’impossible. C’est le dedans que ça travaille. Imaginez entre autres, pour ceux qui aiment le bois, que j’ai eu la chance de voir des épinettes noires dont j’étais incapable d’en faire le tour avec mes deux bras; et des épinettes ¨drettes¨ à plus de cent pieds de hauteur. Pas  besoin de vous dire que je les ai embrassées. Des coins de pêche à faire rêver, ajoutez à ça des ¨spots¨ de chasse à l’orignal comme tous en rêvent. Je vous jure, un super pays où la nature vous envoûte.

Mais vous dire le plus impressionnant pour moi, fut bien entendu la pêche au saumon. Il nous a fallu emprunter un escalier de plusieurs centaines de marches pour descendre à la rivière. Déjà de loin on entendait la chute où la célèbre fosse à saumons nous invitait. J’avais lu pendant l’hiver, le livre du célèbre Napoléon-Alexandre Comeau, premier guide de cette magnifique rivière. Croyez-moi, si le cœur vous en dit, vous ne regretterez pas la lecture de ses aventures.

Une fois près de la rivière, il nous a fallu emprunter une barque pour traverser le courant et se rendre à l’endroit où pêcher. Le guide semblait un peu nerveux de traverser avec deux jeunes hommes de la grande ville qui semblaient oublier de manoeuvrer, n’ayant d’yeux que pour les saumons qui sautaient tout partout. L’ancre est jeté, au plus vite, cannes et moulinets en mains et voilà que commence le plaisir. J’avais les oreilles attentives d’un chien de chasse tellement j’écoutais les conseils du guide. C’était ma première au saumon et en plus dans une fosse mythique tout droit sortie du merveilleux. Je n’en revenais pas. Mais au début, malgré mes bons lancers, je pêchais mal.

 

 



 

 

 


Après épuisement et sans résultats, j’ai invité mon guide à se faire plaisir et j’ai pu ainsi observer sa façon de faire. Ce n’était pas un p’tit nouveau comme moi, lui il en avait pris du saumon. Comme il contait, ça lui est arrivé souvent à l’époque de sa jeunesse, de remonter le cap dans des sentiers boueux et glissants (il n’y avait pas encore de beaux escaliers)

 

tout ça sous le poids de deux beaux saumons dans son sac à dos. Vous dire la bonne compagnie, les histoires de pêche et le sourire de ce gars-là valent le voyage. Merci beaucoup ! Je pêchais alors en me concentrant et en me répétant ce que je devais faire, avançant légèrement à chaque lancer. Quand tout à coup un bouillon sur ma mouche. Ni une ni deux, je ferre.

 « Ça y est, j’en ai un, ben oui, j’en ai un, c’est vrai ! »

Je lâche un cri aux gars en arrière, mais pas assez fort, occupés qu’ils étaient à jaser, ils ne m’entendent pas et ne voient pas que mon combat est commencé. Je crie une deuxième fois mais plus fort et à voir ma canne pliée, je vous dis que les gars ont bougé, je peux vous le dire.

 

Tout le monde me parlait et me conseillait, mais ça s’est vite passé et j’ai pu constater la puissance qui fait la majesté de ce poisson. C’est impressionnant !

Ce fut incroyable. Je l’avais, je l’avais. Je l’ai amené au bord de la berge.

 

 



 

Malheureusement, mon poisson n’avait pas les mêmes intentions que les miennes. Comme je tirais pour essayer de le sortir de l’eau, je me disais que c’était bien trop lourd pour le sortir de même. Mon ¨grills¨ s’est alors tourné vers le large et de plusieurs coups de queue vigoureux, il a décollé. En même temps que j’écoutais les conseils des gars, je n’ai guère eu le temps de parer à l’action de mon jeune saumon, tenant ma ligne trop serrée, je n’ai guère vu autre chose que le fil se tendre et paf, comme on dit, ¨ma ligne a pété¨. Et voilà, mon premier, mon beau saumon envolé.
La fraîcheur du sourire de l’instant a fait place à la déception. Malgré le mauvais coup du pêcheur, on m’encourageait. J’étais quand même le seul de l’équipe à avoir pu en piquer un. On le sait, ce n’est pas une pêche facile, comme toute chasse d’ailleurs, on ne revient pas toujours avec un trophée. Mais j’avais goûté la sensation qui venait de me mettre en appétit pour cette quête du roi des rivières et pour longtemps.
Pas besoin de vous dire que je me suis couché en comptant des saumons...

Nous avons fait toute une sortie de pêche! L’accueil de l’équipe Pinard, père, fils et compagnie fut tout à leur honneur! Est-il utile de vous dire que vous êtes au monde merveilleux de la couleur aux bons soins de la Pourvoirie du Cyprès.
Si vous hésitez dans le choix de votre prochain voyage, je peux vous garantir que moi je n’hésiterais pas.

Merci encore pour ce bouillon de vie !

Simon Pouliot

 

 






 

 

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