Un arbre a été planté

 

Un arbre a été planté le 13 septembre dernier. Planter un arbre est en quelque sorte symbolique. Du moins il se veut une note d’espoir, la foi en un long terme, en un futur meilleur, on le souhaite, certes. On a aussi appelé « Jardin de la paix » l’endroit où fut planté cet arbre. Ce sont là des symboles importants pour permettre peut-être à certains de se raccrocher à la vie, vie qui fut dérobée le 13 septembre 2006, par l’attentat de Kimveer Gill au collège Dawson, on s’en souvient.

Et voilà que la procession des dates fatidiques reprend de plus belle. On ressasse du même coup, les Virginia Tech., Polytechnique, Columbine, et s’ajoute à ça la noirceur du 11 septembre, la guerre en Irak, l’Afghanistan, etc. Alors que la politique et les lois ont pour but la paix sociale et l’harmonie, on prend notre dose de réalité quand on regarde dans les faits ce qui se passe réellement dans notre société.

Et les gens qui nous gouvernent disent qu’ils font des choses pour améliorer la situation. Oui quoi ? Ce qu’on a vu à la télé ce 13 septembre, nous laisse plutôt perplexe. Les représentants des différents paliers de gouvernement  ont premièrement beaucoup, beaucoup fait, l’éloge des 4 policiers qui ont investi les lieux de l’attentat  au risque de leur vie. C’est certainement vrai, mais on remerciait grandement le système qui maintient l’ordre public par la force. D’un autre côté, les étudiants de Concordia, bons Samaritains qui ont aidé ce jour-là, sont tout à fait passés inaperçus;

 

 

eux qui étaient venus rapidement à pied de leur université prêter main forte aux étudiants de Dawson affolés qui fuyaient les lieux de l’attentat tout en ne sachant où aller; on les a guidés et on leur a offert le gîte, le café et des couvertures à Concordia, à quelques pas de là. C’est une journaliste qui en a glissé mot, mais aucune médaille, ni bons mots de la part des politiciens sur l’estrade!!!???

M.Charest d’autre part, en a profité pour souligner que son gouvernement avait mis sur pied un projet de loi qui sous le nom d’une des victimes, une femme, Anastasia, allait être adopté cet automne en chambre (1 an après…pour une femme, martyre, tuée par un monstre, un homme; comme curieusement la violence ne semble du genre féminin que dans le dictionnaire…).

M..Charest a aussi fait le plaidoyer qu’il y avait eu des mesures d’aide aux autres victimes. Pourtant la mère de Leslie Markosky, étudiante atteinte de deux balles par le tireur, a annoncé qu’elle n’a pas du tout joui de ces mesures d’aide et qu’elle et sa fille sombrent encore dans la détresse suite à cette tragédie. S’il y a quelqu’un qui en aurait eu besoin!!! Comment a-t-on pu les oublier ???

Des sommes d’argent (430 millions) ont aussi été annoncées comme devant servir à des recherches en psychiatrie et en psychologie pour étudier les effets psychiques que causent ces tueries sur la pensée des gens qui subissent ces évènements traumatisants.
       
 

 

 

     




En soi ce n’est certes pas mauvais, on pourra mieux aider les gens dans d’autres situations semblables… En saisissant la balle… au bond, les chercheurs ne pouvaient trouver là plus belle occasion de subvention, même s’il a été dit que c’est déjà chose faite comme recherche aux U.S.A. De ces 430 millions, une certaine somme est passée en amélioration de la sécurité au collège Dawson, avec l’installation de caméras supplémentaires et d’un « bunker » de surveillance

 

extérieur au collège; on fait dans le nec plus ultra.

Symboliquement c’est rassurant, mais c’est en fait une occasion rêvée pour pas trop cher à part ça, de faire une belle jambe au gouvernement qui fait ainsi accroire aux citoyens qu’il peut mieux prévenir la flambée de folie d’un tireur fou. Et ça fait saliver les autres institutions d’avoir eux aussi un pareil équipement : surveiller les allées et venues de tout le monde, c’est sécurisant.

 

Sans caméras de surveillance, au contraire, on risque d’avoir peur pas à peu près. Des télécrans partout, c’est douillet.Et notre premier ministre en rajoute en disant qu’il est du devoir de chaque citoyen de dénoncer les gens à l’allure suspecte!!??? Si les gens de la mafia se promènent bien mis et cravatés et que l’on peut voter à visage recouvert, avec quelles lunettes brunes à préjugés pourra-t-on identifier un personnage à l’allure suspecte????

 

Et que vaut pareille consigne envoyée aux citoyens??

Surveillez-vous les uns les autres vous ne pouvez faire confiance à personne, vous êtes entourés de criminels??? Franchement, quelle belle société dans laquelle nous vivons et quelle promotion d’un climat de panique qui nécessite un gouvernement à la pogne musclée qui contrôle tout et surtout les armes à feu. Qui est le plus suspect, le gouvernement ou les gens que ce gouvernement gouverne…par la peur???

 

 

 

   

Rappelez-vous aussi que M.Guy Ouellet, ex-directeur de la sûreté du Québec, à la retraite et maintenant adjoint parlementaire sous M. Charest, accompagnait en souriant M.Charest, lors de ses déclarations, alors que le premier ministre disait que chaque individu désirant acquérir des armes à feu, devrait se présenter en personne devant un policier. Ce dernier, de son œil de lynx…, saurait ou aurait pu détecter le côté criminel de ce consommateur d’armes et de violence. Est-ce à dire qu’un policier possède la compétence pour lire dans l’âme de la personne et savoir qui et quand il passera aux actes??? Franchement ça tient de la fiction ! Quelle démagogie, quelle belle promotion d’un système policier, d’un monde de peur ou plutôt de terreur, renforçant les préjugés par des propos électoralistes. Quelle belle société nous formons…

 

Le problème est de l’ordre de nos conceptions. Nous vivons à l’ère des libertés individuelles, c’est vrai. Et c’est une excellente chose à préserver. Nous n’avons nullement besoin de l’État partout. Nous voulons une démocratie et non une dictature déguisée. Mais la liberté des uns ne s’arrête tout simplement pas là où la liberté des autres commence. Car on le sait, le pervers n’a rien à foutre des autres et de leur liberté ainsi que des règles de conduite. Et ce n’est certes pas en criminalisant tous les citoyens et en les montant les uns contre les autres que nous allons régler le problème. Encore loin des bons résultats l’idée de renforcir davantage encore le contrôle des armes à feu qui va d’ailleurs encore pénaliser les honnêtes chasseurs. En passant, nous a-t-on dit où est finalement passé le 2,2 milliards $ de ce scandale ???

 

 


La limite des libertés individuelles c’est le bien social. Il faut se poser la question, en agissant ou en faisant des lois, si on réalise ou collabore au bien de chacun et au bien de tous. Il nous faut travailler à réaliser les conditions qui permettent l’épanouissement de tous et sous toutes leurs facettes. La boussole qui doit nous guider c’est le bien commun. Et on ne pourra l’atteindre, ni y travailler, que si le citoyen est libre. Et si l’autorité ruse ou use de violence pour camoufler ses actes et laisser l’illusion de la liberté aux gens, eh bien au lieu de travailler à l’épanouissement des personnes en supprimant le jeu des individualités, c’est toute la société qui s’appauvrira. Et c’est là la pire des injustices. Content de savoir que le promoteur de la peur est le moins populaire au Québec!

   

 

 

 


 

 

 

   




 

   

 

« Après avoir pris ainsi tour à tour de ses puissantes mains
chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras
 sur la société tout entière; il en couvre la surface d’un
réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses
ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule;
il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige;
il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse;
il ne détruit point, il empêche de naître; il ne tyrannise point, il gêne,
 il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin
 chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger. »

Tocqueville, Charles Alexis Clérel de,
« De la démocratie en Amérique »


P.S. Éditorialiste



 

 

PAGE PRÉCÉDENTE

 

 

 
 

ACCUEIL